L’épopée toulousaine

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Après la défaite du SUA 21-10 à Toulouse, Thibault nous raconte son périple dans la ville rose et son match. Et même si ce derby a une nouvelle fois fait couronner le Stade Toulousain, le match produit par Agen a semble-t-il ravi tous les supporters.
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Samedi 18 Février 2012

Ce réveil là, fallait pas le rater. Tout agenais qui se respecte vous dira qu’un match contre le Stade Toulousain, ce n’est pas anodin. Sans doute dû à cette rivalité de toujours, entre deux villes séparées par seulement 1h de trajet, sans doute dû à beaucoup de choses, trop longues à expliquer que seul un bon agenais arrivera à comprendre. Ce samedi matin, avant de monter dans le bus, personne n’avait oublié le « vol » du match aller, où M. Lafont et McAlister avaient brisé en l’espace de 30 secondes, le rêve de tout un peuple : celui de battre enfin ces c*** de toulousains… (oui, c’est comme ça qu’on les appelle ici). Bref, ne cherchez pas à comprendre, ici, l’équipe à battre par fierté, c’est Toulouse.

Alors, ce samedi-là, en plus de l’amour passionné et habituel porté envers le Stade Toulousain, c’est avec un esprit de revanche que les supporters agenais prenaient la route, direction Ernest-Wallon. Dans le bus, chose étonnante, on ne parle pas tellement du match du jour. Les conversations tournent plutôt autour de nos amis biarrots, auteurs d’un match la veille à Aimé-Giral , qui risque de coûter cher à l’arrivée (défaite 25-6). « Et si Biarritz descendait ? » – « Non, ils descendront pas, y a Blanco ».

Par rapport au match de l’après-midi, j’entends juste un supporter, des plus optimistes placer un petit « Chauffeur, on passe par Lourdes ? ». Bon d’accord, le mec n’avait pas tout à fait tord dans le fond. Aller gagner à Ernest-Wallon, c’est quasiment mission impossible on le sait, mais s’il vous plaît, ne soyons pas défaitistes quand il s’agit d’aller défier une équipe qui peut se permettre d’aligner des Vincent Clerc, Jean-Baptiste Poux ou Florian Fritz sur le banc des remplaçants. Le Stade Toulousain a deux équipes, c’est pas une découverte.

12h : Arrivée à Toulouse au terme d’un long voyage, un petit apéro est organisé entre supporters bleus et blancs, sur la pelouse à proximité du stade. Ambiance sympathique et détendue avant le match où même les petits de l’école de rugby du Stade Toulousain font part de leur présence, en balançant leurs petits drapeaux rouge et noir, tout en lançant des « Bouhhh Agen, vous êtes nuls ». Ils sont mignons.

13h30 : les choses sérieuses vont débuter ! Les drapeaux, banderoles, maillots, tambours sont de sortie, direction l’entrée du Stade. Aïe, ça commence bien, interdiction pour les supporters agenais de rentrer avec des drapeaux. Pourquoi ? Le métal qui soutient le drapeau en lui-même pourrait être dangereux, mais il est dangereux seulement quand c’est un agenais qui l’a entre les mains. Quand c’est un toulousain, pas de soucis à se faire, ils peuvent rentrer. Il n’en fallait pas plus pour faire monter la tension . Une supportrice agenaise, qui n’avait pas tout à fait tord, lançait un « Attendez, vous êtes 20 000, c’est la seule manière qu’on a de se faire voir ». Au bout de 20min de négociations ardues entre « patrons » des groupes de supporters et sécurité du stade, les drapeaux ont enfin l’autorisation de rentrer. Ouf, on va gagner.

14h05 : plus que dix minutes . Ayant réussi à me faire une place à côté de la haie d’honneur que font les supporters toulousains à leurs joueurs pour l’entrée aux vestiaires juste avant le match, j’en profite pour glisser un mot à Luke McAlister : « fais pas le malin, t’as fais le coup une fois, pas deux », tout ça en Maori et en le fixant dans les yeux, inutile de préciser.

14h15 : enfin ! Le match va pouvoir commencer. Il ne faut pas moins de 2 minutes de jeu pour assister déjà à une première envolée de Timoci Matanavou. Attention, un plaquage manqué face à Toulouse, et c’est le feu. J’entends déjà un de ces supporters toulousains, toujours très modeste, placer un petit « ça va être un carnage ». Pourtant, 3 minutes plus tard, c’est Maxime Machenaud qui ouvre le score, après une pénalité sifflée contre les Toulousains qui s’étaient mis à la faute dans un ruck (une des rares fois du match où M. Pomarède a sanctionné les toulousains dans les zones de rucks).

A la 12e minute, après un bon renversement, Junior Pelesasa, reconduit pour l’occasion au poste de n°10, inscrit au nez de Matanavou et Human le premier essai de la partie. Il n’en fallait pas plus pour mettre aux anges (c’est un bien grand mot) la masse de supporters agenais, présents un peu partout dans le stade. Après un quart d’heure de jeu, à la grande surprise, le SUA mène 10-3. Côté agenais, on tentait, on envoyait du jeu, chose que les habitués d’Armandie n’ont pas eu l’occasion de voir depuis nombreux matchs. Sur les phases de « pick-and-go », les toulousains étaient également mis à mal. Quelques actions agenaises auraient, d’ailleurs, mérité meilleur sort, à l’image de la percée du talonneur Semisi Telefoni, auteur d’un match solide, sanctionné pour un ballon gardé au sol (faux) et qui échoue à 10m de l’en-but toulousain ou celle de Saimoni Vaka qui allait s’empaler sur Clément Poitrenaud, dernier défenseur au lieu de taper un grand coup de pompe, et gratter « tranquillement » l’arrière toulousain à la course.

Tout ça, c’est rageant. Le SUA se procure bon nombre d’occasions, mais ne concrétise pas assez, et pourtant, il ne manque pas grand chose. Alors, le Stade Toulousain va s’en remettre à ses gros. Pour être honnête, il n’y a pas une mêlée (à part celle simulée à la 70e) où les Agenais ne se sont pas fait littéralement emporter. Le « no scrum, no win » (« pas de mêlée, pas de victoire ») s’est encore vérifié samedi à Ernest-Wallon. Derrière, les 3/4 toulousains n’étaient décidément pas sereins. Un nombre incalculable de percées se soldaient par un ballon tombé ou un mauvais choix. A ce moment-là, Guy Novès est en état de décomposition (:-)). Finalement, sous les assauts des locaux, les agenais craquent juste avant la mi-temps, et Yves Donguy allait inscrire le premier essai pour son équipe, réveillant ainsi Ernest-Wallon, un peu refroidi par la bonne entame des visiteurs. A la mi-temps, le Stade Toulousain mène 13-10.

La seconde mi-temps ressemble à peu près à la première. Les agenais tentent et relancent. Les toulousains sont trop maladroits et tombent trop de ballons, mais s’en remettent aux gros pour prendre le dessus. La mêlée de la 49e minute en est l’illustration parfaite ; en effet, les agenais, après avoir vendangé un 2 contre 1 obtiennent une mêlée aux 5m. Las, même en infériorité numérique après le carton de Johnston, les Toulousains emportent la mêlée agenaise, et c’est surement le tournant du match. Reculer en supériorité numérique à 5m de l’en-but adverse, c’est pas bon. Puis, à la 55e, après une énième mêlée chahutée et un ballon récupéré par les toulousains, vite écarté au large, McAlister décale Donguy comme en première période, pour le doublé de l’ailier toulousain. Beauxis ne transforme pas, 18-10

Il reste 25 minutes de jeu, et même si le score n’est pas si lourd que ça,  je voyais mal comment on pouvait revenir en étant pénalisé sur CHAQUE mêlée. Entre temps, Beauxis rajoute 3 points, après une énième mêlée gagnée par les toulousains. 21-10, le score ne bougera pas. Pourtant, les Agenais ont été vaillants jusqu’au bout et ont manqué d’accrocher le bonus défensif sur la sirène, avec un en-avant de Julien Janaudy un peu mains carrées sur le coup, à 10cm de l’en-but rouge et noir.

Mais finalement, malgré une bonne prestation, les hommes du duo Lanta/Deylaud repartent bredouille d’Ernest-Wallon, alors que derrière, les concurrents au maintien ont eux, pris des points (Bayonne 2pts, Bordeaux 1pt). Ce qu’il a manqué à Agen ? C’est simple : une mêlée, un peu plus de « bons choix » et un banc. Dommage, les agenais méritaient mieux que de repartir avec 0 point. Cependant, le SUA a retrouvé un bel état d’esprit, perdu depuis quelques temps. De bonne augure pour la suite quand on sait que les réceptions de Castres (dès vendredi soir), de Clermont et de Perpignan vont être DECISIVES pour le MAINTIEN.

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4 commentaires sur “L’épopée toulousaine”

  1. cédric dit :

    Salut Thibault, très bel article, un bon rythme et une facilité dans l’écriture. ça m’a fait plaisir de lire ton article.

  2. thibaultdpr dit :

    Merci Amigos47! Et oui, il s’en est toujours pas remis…

  3. Amigos47 dit :

    Brave Thibault, très bon article.

    Le passage sur Luke Mc Alister est vraiment énorme !

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